Expression libre

Questions sociales et santé Société

Allongement du congés pour deuil d’un enfant mineur

05 février 2020

L’époque est au raccourci.

Facile de traiter d’inhumain le député qui a voté contre la proposition de loi allongeant, pour les salariés, de cinq à douze jours le congé légal pour le deuil d’un enfant mineur.

Pourtant les questions sont multiples : un fonctionnaire doit-il, lui, n’avoir que trois jours de congés contre douze pour un salarié ? Qu’est-ce qui accompagnera l’artisan, le commerçant, l’agriculteur, qui au plus vite n’ont d’autre choix que de poursuivre le travail qui les attend au quotidien ?

Est-ce qu’un don de RTT, venu d’un collègue, n’est pas d’un secours plus perceptible, réconfortant, que l’application stricte et froide d’un article de loi ?

Le deuil d’un enfant, s’arrête-t-il dès lors que celui-ci est majeur ? Quid de la mère qui perd une fille de vingt ans assassinée, ou un enfant majeur suicidé, comme j’ai pu en rencontrer dans ma vie ?

Il y aurait donc les humains d’un côté, et les insensibles à la douleur du parent soudain privé d’enfant… Qui peut croire cela ? Qui ose faire pareil raccourci ?
Il n’y a que des citoyens qui s’interrogent… Et l’hémicycle est le lieu où s’ébattent les interrogations, venues pour chacun, de notre propre histoire, des rencontres faites, des échanges passés, de la façon qu’on a de concevoir les choses…

L’écho donné suite à ce qui a paru aux yeux des médias comme un impardonnable incident de séance, sur un sujet très sensible, qui ne laisse personne indifférent,  mais peut vite donner lieu hélas aux récupérations de tout ordre, va servir au moins à approfondir la réflexion et à donner une meilleure réponse, qui ne sera de toute façon que bien pauvre au regard de la souffrance qui est celle décrite par Hugo ou Cicéron…